Acides gras saturés

Des panels d’experts nationaux et internationaux recommandent que la proportion de graisses saturées dans l’alimentation ne dépasse pas 10 % (Allemagne, Pays-Bas, pays nordiques, OMS/FAO) ou 12 %(France) de la totalité de l’apport énergétique quotidien. L’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA : European Food Safety Agency) recommande que l’apport alimentaire en AGS soit réduit autant que possible dans le contexte des recommandations diététiques basées sur l’approche alimentaire.

Pendant de nombreuses années, les recommandations diététiques se concentraient sur les AGS en raison de leur impact sur le profil du cholestérol plasmatique et parce qu’ils augmentent donc le risque de maladies cardiovasculaires (MCV). Dans beaucoup de pays européens, l’apport en AGS est supérieur aux recommandations (Harika 2014). Un apport en AGS supérieur aux recommandations, quelle que soit la source dont ils proviennent, n’est pas souhaitable.

Remplacement des AGS

Si l’on ne prête pas attention au nutriment qui remplace les AGS, il est possible que la diminution d’AGS ne réduise pas les risques pour la santé. De récentes méta-analyses indiquent que la consommation d’AGS diététiques en elle-même ne suscite pas de risque accru de maladies cardio-vasculaires (Skaeff 2009, Siri-Tarino 2010a, Chowdhury 2014). Ces études scientifiques montrent également que les macronutriments utilisés pour remplacer les AGS jouent un rôle important, mais les résultats des différentes méta-analyses sont contradictoires (Skaeff 2009, Jakobsen 2009, Jakobsen 2010, Siri-Tarino 2010b, Micha 2010, Chowdhury 2014).

En se basant sur des études sur l’homme, la FAO a déclaré (FAO-OMS 2010) qu’il existait des preuves convaincantes permettant de conclure que le remplacement des AGS par des AGPI (acides gras poly-insaturés) diminuait le risque de maladies coronariennes. Il existe de fortes présomptions selon lesquelles le remplacement des AGS par des glucides largement raffinés et de l’amidon rapidement digestible ne présente aucun avantage en ce qui concerne les maladies coronariennes. Cela pourrait même augmenter le risque de maladies coronariennes et favoriser le développement du syndrome métabolique (Jakobsen, 2009). La réduction des AGS (réduction de la quantité d’AGS ou du % d’énergie provenant des AGS) n’a aucun effet sur les maladies coronariennes ni sur les AVC (Siri-Tarino 2010, FAO 2008-OMS 2010).

Acides gras saturés individuels

Les différents AGS ont des effets spécifiques sur les lipides sanguins (Mensik, 2003). Cependant, peu d’études se sont intéressées à l’impact des AGS individuels sur le risque de développer certaines maladies. Par nature, les AGS spécifiques se présentent toujours comme un mélange, et les différentes graisses et huiles présentent des compositions en acide gras très variées. Il est donc difficile de tirer des conclusions quant à l’impact d’acides gras spécifiques sur la santé, ce qui explique les différences entre les recommandations diététiques. En France, les recommandations relatives à l’apport en AGS diffèrent selon le type d’acide gras. D’après les autorités sanitaires néerlandaises, les données scientifiques ne sont pas appropriées pour déterminer les apports nutritionnels de référence pour chacun des acides gras (Dutch Health Council 2001).